Le Salon aéronautique du Bourget, qui ouvre ses portes aujourd'hui aux professionnels, s'annonce comme l'édition de tous les records. Stimulées par la compétition entre Airbus et Boeing, attisées par l'arrivée de nouveaux modèles, les commandes devraient se compter en centaines.
Du grand show ! C'est ce que promet d'être la 49 e édition du Salon aéronautique du Bourget, qui ouvre ses portes aujourd'hui aux professionnels. Après un Salon 2009 terni par la crise, le Paris Air Show 2011 devrait battre tous les records. A commencer par celui de la participation, avec plus de 2.000 exposants et 42 pays représentés, illustration de la mondialisation galopante du secteur. Côté contrats, le record de 2007, qui avait vu Airbus engranger à lui seul 460 commandes fermes et 300 options d'achat, devrait également être dépassé. Record d'innovations aussi, avec la présence, pour la première fois en France, des deux derniers-nés de Boeing - le 787 et le 747-8 -, aux côtés de l'A400M d'Airbus, du X3 d'Eurocopter, et un nombre sans précédent de nouveaux programmes : Airbus A320 Neo, C919 chinois, nouveaux moteurs... Deux déconvenues toutefois pour Airbus : le grand public sera privé de démonstration en vol de l'A380, le très gros-porteur ayant heurté hier une structure de l'aéroport du Bourget. De même, l'avion de transport militaire A400M, ne pourra pas effectuer de vol de démonstration, du fait d'un problème lié à ses moteurs.
Avalanche de commandes
Une fois encore, Airbus devrait faire le spectacle, avec plusieurs centaines de commandes attendues d'ici à vendredi, notamment pour son nouvel A320 Neo. L'avionneur européen pourrait signer la plus importante commande de son histoire en nombre d'appareils : jusqu'à 200 A320 Neo pour la compagnie low cost malaise Air Asia. Airbus devrait également finaliser sur le Salon plusieurs commandes déjà annoncées, avec l'indien Indigo pour 180 A320 (dont 150 Neo), avec Go Air, autre compagnie indienne, pour 72 A320 Neo, ainsi qu'avec la philippine Cebu, pour 30 A21 Neo et 7 A320. Autre client potentiel pour l'A320 Neo : le loueur d'avions Gecas ou encore, plus incertain, Qatar Airways, pour une cinquantaine d'appareils. La compagnie de Doha négocie aussi l'achat de 10 à 20 A380, mais rien n'indique que la conclusion soit proche. En revanche, Hong Kong Airlines devrait finaliser une commande de 10 A380. Thai Airways, Jet Airways et le loueur américain ILFC pourraient passer commande d'A330 et d'A350 long-courriers. Boeing, qui n'a pas pour tradition d'accumuler les commandes pour les Salons, devrait lui aussi faire quelques annonces.
En position d'outsider, le canadien Bombardier devrait également profiter du Bourget pour accrocher de nouveaux clients pour sa famille moyen-courriers CSeries. Parmi les gros acheteurs potentiels, Qatar Airways, qui reste toutefois imprévisible. De même, Mitsubishi pourrait annoncer un premier client étranger pour son futur avion régional MRJ. Côté motoristes, Safran et GE espèrent engranger jusqu'à 500 commandes pour le Leap X de leur filiale CFM, ce qui leur permettrait de revenir au niveau de leur concurrent américain Pratt & Whitney.
Airbus A350 : deux versions sur trois retardées
En matière d'innovation, l'une des principales annonces du Salon devrait être la décision de Rolls-Royce et d'Airbus de doter le futur A350-1000, la version allongée du futur biréacteur long-courrier, d'un moteur plus puissant que celui prévu initialement, afin de renforcer sa compétitivité face au Boeing 777-300ER. Mais l'information a fuité (« Les Echos » du 7 juin) et l'amélioration promise, qui mobilisera les ingénieurs, s'accompagne d'un report de dix-huit mois de la date d'entrée en service, de fin 2015 à mi-2017. De même que la version courte de l'appareil, l'A350-800, est repoussée de fin 2014 à fin 2016. Un moindre mal, cependant : la sortie de l'A350-900, la version intermédiaire sur laquelle portent 359 des 574 commandes actuelles d'A350, reste, elle, fixée à fin 2013.
Drones : éclaircissement attendu
Aussi indispensables qu'absents en Libye, les drones seront l'un des grands sujets du Salon. Dans son discours d'inauguration, Nicolas Sarkozy pourrait aborder le sujet. Plus sûrement, Gérard Longuet, le ministre de la Défense, a laissé entendre dans « Air & Cosmos » qu'il lancerait une initiative dans la foulée du traité franco-britannique. Début novembre, Londres et Paris ont scellé une coopération militaire sans précédent qui prévoit notamment la construction d'un avion sans pilote vers la fin de la décennie. Depuis, les industriels affûtent leurs couteaux en prévision de l'appel d'offres. D'un côté, le projet Telemos du tandem BAE-Dassault ; de l'autre, le Talarion d'EADS.

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